42ème congrès national de la
Fédération Française de Spéléologie
du 26 au 28 mai 2007, Poligny (Jura)

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Au vu des dernières prévisions météo, nous vous déconseillons vivement la visite de cette cavité.
 
Gouffre des Essarlottes - 25 - Gévresin
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Carte I.G.N. 1/25000 : Boujailles 3325 est
Coordonnées Lambert = 883,369 - 2225,388 - 680m
Développement = 3017 m
Dénivellation = 147 m
 
Accès
Ce gouffre perte s’ouvre à l’ Est du village de Gevresin, entre l’Oxfordien et le Rauracien, alimenté en amont par la source des Essarlottes.

Prendre la route forestière sur 1200 m, dans un virage très marqué, prendre en face un chemin de bois et laisser les véhicules environ 200 m plus loin (au carrefour). Suivre le chemin sur la gauche à la limite des sapins. A la sortie de la plantation, tirer à droite, et suivre le petit ruisseau temporaire, la perte s’ouvre une centaine de mètres plus loin.
Nous privilégions maintenant l'accès à la cavité en utilisant le chemin en face le cimetière qui longe la forêt en fond de combe. Un parking de chasse permet de se garer au dessus du gouffre de la voie aux vaches. Un chemin forestier à l'ouest permet de rejoindre les sapinières ou l'on retrouve facilement la perte.

 
Description
DE LA ZONE D’ ENTREE AU JACKPOT

Le gouffre débute par une galerie déclive en méandre (0.8 x 2 m) qui permet d’accéder rapidement au sommet d’un puits de sept mètres. On remarque dans ce puits une stalagmite en congloméra et la présence d’une cheminée, certainement en liaison avec la surface. La base du puits est encombrée par un monticule de terre provenant de la cheminée.
On accède ensuite à un petit boyau qui a nécessité quelques séances de désobstruction. Ce boyau se prolonge en conduite forcée avec un virage à 90° à sa sortie. Un méandre court permet d’accéder à un ressaut de trois mètres, au bout de quelques mètres, on débouche sur une série de puits où le cavernement devient plus confortable : P7 , R3 , P11, et P14.
Un amas de gros blocs jonche la base du P11.
On remarque dans ce puits, une petite cheminée avec une arrivée d’eau. Ensuite, à la base d’une petite marche, l’eau se perd dans un boyau impénétrable. Une galerie supérieure étroite permet de court-circuiter ce passage. On retrouve l’eau à la base d’un ressaut de trois mètres, suivi immédiatement d’un puits de douze mètres très érodé où l’eau se perd dans un boyau trop étroit pour être franchi. Au sommet de ce puits, un court passage où le courant d’air est perceptible mène à un puits fossile de sept mètres. Ancien terminus du G.S. Doubs en 1992.
Une désobstruction dans un méandre, nous a permis au bout de quatre mètres, de déboucher sur une nouvelle verticale de neuf mètres. A la base, ne pas suivre le court actif.
Une escalade de trois mètres arrive sur un petit conduit qui débouche sur un ressaut de six mètres. Quelques mètres de méandre et l’on arrive dans la galerie « Jackpot » à une profondeur de – 79 m. En période de crue, le trop plein de la rivière emprunte cette galerie. On peut s’aventurer dans le réseau en décrue, mais cela augmente la difficulté et oblige à équiper de nombreux obstacles rive gauche.

L’AMONT A LA SALLE VICTOR

A partir de cet endroit on peut emprunter l’amont.
A l’amont, la galerie est une belle conduite forcée de bonne dimension (3x4m) au sol argileux agrémentée de vasques, qui au bout de 80 mètres débouche sur une pente glaiseuse permettant de rejoindre le court actif et d’arriver dans une salle ébouleuse totalement noyée en hautes eaux. La rivière siphonne tout de suite. A l'aval l’eau disparaît, après une chute à travers les blocs. Le siphon amont distant de 30 mètres forme une belle vasque de 3x4 m. Après une plongée de 10 mètres, une galerie exondée est parcourue sur une distance de cent mètres environ avant de replonger dans un nouveau siphon reconnu sur 40 mètres avec la présence d’une cloche. Cette zone constitue l’extrême amont du réseau.

En revenant à l’intersection, à gauche la galerie Jackpot semi active prend peu à peu de l’ampleur. Le petit filet d’eau de la perte de surface alimente quelques marmites. A 200 mètres, à la base d’une petite désescalade nous arrivons sur la galerie des aiguilles située côté gauche. On recoupe une galerie basse (4x1m) qui se remonte sur trente mètres et se termine sur un siphon étroit.
En moyennes eaux, on remarque qu’il s’agit du court actif de la galerie, le siphon amont se trouvant à droite, dans la dernière vasque avant le carrefour des « aiguilles ».

Après avoir parcouru, quelques mètres, la pente s’accentue et forme des petits ressauts surplombants un bassin profond qu’il est préférable d’équiper en vire (gauche). De cet endroit, on aperçoit, 20 mètres plus haut la jonction de la « galerie des balcons ». Ce couloir très chaotique de 6 m de haut, 3 à 4 m de large se prolonge. Les dépôts d’alluvions sont importants. La pente est régulière et vient buter sur une voûte mouillante d’où l’on perçoit le grondement de la rivière. Peu avant un passage supérieur permet de prendre pied dans la salle « Victor », vaste salle ébouleuse de 20x40 m
Une escalade aérienne permet de remonter sur 60 m, point de radiolocalisation établi avec la surface, pour un éventuel forage.
Depuis cette salle, une remontée au dessus de l’éboulis donne accès à la «galerie des balcons». Un ressaut de six mètres aux parois délitées aboutit dans une deuxième salle plus modeste (10x15m) où de nombreux blocs tapissent le sol. Une escalade de cinq mètres se poursuit par une galerie au sol terreux où des vides percent le sol. Au bout de 150 m, on atteint le dernier balcon qui surplombe la galerie « Jackpot ».

GALERIE DES AIGUILLES

De la galerie Jackpot , une lucarne de 4 mètres de diamètre est perchée à 5 mètres de hauteur . à la base un petit conduit humide de quelque mètres débouche sur une escalade de 5 mètres qui permet de rejoindre le réseau des Aiguilles.

Cette belle galerie fossile concrétionnée de dimension respectable ou des pointes de cristaux sont présentes (attention où vous posez les pieds !) aboutit 50 m plus loin à un croisement, après le franchissement d’un ressaut de 3 mètres deux branches sont possibles. A gauche un passage bas mène à un affluent en méandre tortueux de (0.7x2 m) se terminant sur une cheminée. Si l’on traverse en face, après avoir rampé sur 6 m, on débouche sur une verticale de 20 mètres fractionnée en trois paliers. Le premier donne sur un puits parallèle de 6 mètre étant en fait la base d’une vaste cheminée estimée à une trentaine de mètres. en bas du puits de 20 m, le passage d’une trémie glaiseuse permet d’avoir un nouveau regard sur la rivière, l’eau sort d’un laminoir étroit vite impénétrable . On suit l’aval par une voûte basse et 5 m plus loin la galerie s’élargit (2x2m). Le torrent dévale sur les pentes suivant les strates mais est vite interrompu 60 m plus bas par une vasque siphonnante. Dans ce secteur plusieurs cheminées percent le plafond. Au début de la galerie fossile, deux ont été remontées sans succès (palier borgne), le reste est à faire.

SALLE VICTOR – GALERIE DES PERLES

En bas de la salle « Victor », longer la paroi de gauche et descendre l’éboulis pour continuer dans la galerie principale où l’on retrouve la rivière. Pour remonter le lit du ruisseau, il est préférable de s’équiper d’une néoprène. On débute par une galerie basse aux bassins profonds. Au bout de 60 mètres, le conduit se sépare en deux parties : Celle de gauche bute rapidement sur une voûte mouillante où une jonction a été faite avec l’extrémité de la galerie « Jackpot ». A droite, après 30 m de progression, on arrive dans une salle chaotique de dimension confortable où le cours actif disparaît. On entend distinctement le vacarme assourdissant d’un grondement. Le bruit vient d’une chute en pente à fort débit. Après 200 mètres de progression, on s’arrête sur un petit siphon en interstrate.

En continuant dans la galerie principale vers l’aval, l’eau coule dans une belle galerie de six mètres de large pour 10 mètres de hauteur et disparaît rive droite par une galerie basse se terminant 70 mètres plus loin sur un nouveau siphon . Celle ci se prolonge et devient fossile, nous arrivons à la marche du « Biniou », ressaut de 3 mètres équipé rive droite pour faciliter la descente.
Le concrétionnement devient de plus en plus dense, de nombreuses colonnes jonchent le sol. Un balisage a été installé pour protéger au mieux cet endroit. Devant, la galerie se rétrécit au fil de la progression, où la pente s’accentue jusqu’à une coulée stalagmitique qui obstrue le passage. Une petite désobstruction à cet endroit a permis de franchir cet obstacle.

L’ ACTIF JUSQU’AU SIPHON AVAL

A l’extrémité de la galerie fossile, un court passage étroit suivi d’un ressaut de deux mètres permet de rejoindre la rivière. Ce passage court-circuite deux bassins profonds situés à l’amont. Quelques mètres plus loin, on atteint une cascade de 4 mètres de hauteur qui rejoint probablement la rivière qui disparaît après la salle «Victor». Peu avant une galerie labyrinthique assez instable remonte et rejoint la galerie des perles.

A l’aval, la rivière s’écoule lentement et débouche très rapidement sur une série de petites cascades. Equipement en vire, rive droite selon le niveau d’eau. A la base, la rivière très chaotique s’élargit. En rive gauche, une pente glaiseuse accède à la galerie des concrétions (galerie supérieure fossile).

Après le passage en laminoir d’une vasque peu profonde qu’il est préférable de franchir rive droite, l’actif se poursuit par une belle galerie entrecoupée de petites chutes d’eau et de bassins où le pendage reste régulier. Au bout de 200 mètres, une dernière cascade débouche sur une voûte basse où les traces de mise en charge atteignent une hauteur de plus de dix mètres.

Derrière cette voûte, une conduite forcée beaucoup plus étroite (2x4 m) bute après 80 m sur un siphon au bord argileux, reconnu sur une trentaine de mètres. Toute cette partie s’ennoie lors des crues. Quelques petits diverticules et escalades ont été explorés. De nombreuses cheminées tout au long de ce parcours percent le plafond.